Motivation

« La motivation en contexte scolaire est un état dynamique qui a ses origines dans les perceptions qu’un élève a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir une activité, à s’y engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but. » (Rolland Viau, "La motivation en contexte scolaire, 1994, p. 7).

La motivation peut être définie de manière générale comme « l'ensemble des mécanismes biologiques et psychologiques qui permettent le déclenchement de l'action, l'orientation (vers un but, ou à l'inverse pour s'en éloigner) et enfin l'intensité et la persistance de l'activité . » (Lieury, 1996, Motivation et découragement, p.249)

« La motivation est conçue comme les forces qui mettent l'individu en branle, qui l'amènent à choisir un comportement, à orienter son action et à maintenir cette orientation. » (Biehler & Snowman, 1993; Huit, 2001; Franken, 1994)

« La motivation est un centre de la régulation biologique, cognitive et sociale des individus. Elle est considérée comme une source d’énergie, une direction ou encore la persévérance que les individus éprouvent dans leurs actions ainsi que dans leurs intentions. »  (Ryan & Deci, 2000)

La motivation est « un état d'éveil cognitif et émotionnel qui mène à une décision consciente d'agir et qui provoque une période d'effort intellectuel et/ou physique, pour atteindre un but fixé au préalable ». (Williams et Burden, 1997)

 

Les théories des besoins

Les théoriciens de la motivation ont présenté les facteurs de la  motivation comme le résultat de besoins à combler.

Ainsi, différentes classifications de besoins ont été dressées :

  • La pyramide de la hiérarchie des besoins de Maslow (1954)  :
    1. besoins physiologiques (faim, soif, sexualité, respiration, sommeil, élimination)
    2. besoins de sécurité (environnement stable et prévisible, sans anxiété ni crise)
    3. besoins d'appartenance et d'amour (affection des autres)
    4. Besoins d'estime (confiance et respect de soi, reconnaissance et appréciation des autres)
    5. Besoin d'accomplissement de soi
  • La théorie ERD d'Alderfer (1969) (ERG pour Existence, Relatedness & Growth). Cette théorie est une adaptation des besoins aux situations de travail. Selon elle, la motivation vise à satisfaire trois catégories de besoins humains :
    1. Besoins d'existence (E)  : besoins d'ordre physiologique et matériel). Intègre le désir d'améliorer ses conditions de travail, son salaire ou ses avantages divers en milieu professionnel.
    2. Besoins de rapports sociaux (R) : besoins d'interagir avec d'autres
    3. Besoins de développement personnel (D) : besoins d'assouvir ses aspirations pour la créativité et l'innovation, participer à des tâches enrichissantes, etc.
  • La théorie des besoins de McClelland (1961). McClelland propose trois catégories de besoin, sans aucune hiérarchie. Ces besoins sont spécifiques à chaque individu, de telle sorte qu'un de ces trois besoins prédomine chez chaque individu et influe sur sa motivation :
    • Besoin d'affiliation : besoin de s'associer à d'autres personnes.
    • Besoin d'accomplissement : besoin de relever des défis, d'atteindre des objectifs.
    • Besoin de puissance : besoin d'avoir de l'influence sur ses pairs, d'être capable de les motiver vers un objectif précis.

Les différents types de motivation

(Voir : le climat motivationnel)

La Théorie de l'auto-détermination (TAD) (Deci & Ryan, 2002 ; voir Sarrazin et Trouilloud, 2006) définit différents types de motivations, organisées selon une échelle continue de régulation (ou d'autodétermination) :

  • l'amotivation : absence de toute forme de motivation liée au sentiment de ne pas être capable de prévoir les conséquences de ses actions.
    • Absence de régulation par l'individu de ses comportements
  • la motivation extrinsèque : l’action est provoquée par une circonstance extérieure à l’individu (punition, récompense, pression sociale, obtention de l’approbation d’une personne tièrce...).
    • Régulation externe : Le comportement de l’individu est régulé par des sources de contrôle extérieures à la personne, telles des récompenses matérielles ou des contraintes imposées par une autre personne
    • Régulation introjectée : l’individu commence à intérioriser les contraintes externes en se culpabilisant notamment. L’action n’est pas encore librement choisie puisque l’individu agit pour éviter une conséquence désagréable qu’il s’impose en se culpabilisant
    • Régulation identifiée : même si l’activité au final est réalisée à des fins externes, elle devient valorisée et importante pour l’individu qui s’identifie alors à cette activité
    • Régulation intégrée : l’activité est cohérente avec le concept de soi de la personne, qui peut alors s’approprier l’action et trouver des sources d’auto-motivation complémentaires à la source externe à l’origine de l’action
  • la motivation intrinsèque : l’action est conduite uniquement par l’intérêt et le plaisir que l’individu trouve à l’action, sans attente de récompense externe.
    • Régulation intrinsèque : l'indicidu s'auto-régule , il est guidé par son besoin de compétence et d'auto-détermination qui le pousse à s'améliorer, le tout sans intervention extérieure.

 

 

 

Facteurs externes qui influent sur la dynamique motivationnelle de l'étudiant

Selon Rolland Viau, la dynamique motivationnelle d'un élève est influencée par quatre catégories de facteurs externes :

  • Facteurs relatifs à la société
  • Facteurs relatifs à l'établissement
  • Facteurs relatifs à la vie de l'élève
  • Facteurs relatifs à la classe :  facteurs sur lesquels l'enseignant peut agir en instaurant un climat motivationnel adéquat.
    • l'enseignant lui-même
    • le climat de travail et de collaboration
    • les activités pédagogiques proposées
    • les modes d'évaluation utilisés par l'enseignant
    • le système des récompenses et sanctions
    • etc

Sources de motivation interne de l'étudiant lorsqu'il accomplit une activité pédagogique, sur lesquelles l'enseignant peut agir

Les 3 perceptions inductrices de la motivation de l'étudiant

Pour Rolland Viau, la dynamique motivationnelle interne qui anime un élève lorsque celui-ci accomplit une activité pédagogique qui lui est proposée prend principalement son origine dans les perceptions qu'a l'élève de cette activité :

1- Perception de la valeur 

Jugement que l'élève porte sur l'intérêt et l'utilité de l'activité en fonction des buts qu'il poursuit.

L'enseignant doit donc démontrer que cela lui est utile. Il doit donner du sens à l'activité d'apprentissage.

2- Perception de la compétence

Perception que l'élève a de lui-même : il évalue sa capacité à accomplir de manière adéquate l'activité, qu'il n'est pas certain de réussir.

3- Perception de la contrôlabilité

Perception qu'a l'élève du contrôle qu'il exerce sur le déroulement d'une activité et sur ses conséquences

 

Conséquences de ces 3 perceptions

1- L'engagement cognitif

Degré d'effort mental que l'élève déploie lors de la réalisation d'une activité pédagogique.

Un étudiant engagé est un étudiant :

    • concentré, attentif,
    • avec des stratégies d'apprentissage : actif, questionner, s'investir dans son apprentissage

2- La persévérance

Temps que l'élève consacre à accomplir une activité pédagogique. Un étudiant persévérant :

    • n'abandonnera pas du 1er coup
    • consacre du temps à ses apprentissages

     

Rolland Viau précise que le modèle qu'il propose ci-dessous a ses limites :

  • c'est un modèle de la dynamique motivationnelle et non de la motivation,
  • il est "micro-contextualisé" : il concerne l'accomplissement d'une activité,
  • il ne tient pas compte de tous les déterminants, dont les émotions.

Caractéristiques de l'étudiant motivé

  • L'engagement cognitif

Degré d'effort mental que l'élève déploie lors de la réalisation d'une activité pédagogique. Un étudiant engagé est un étudiant :

    • concentré, attentif,
    • avec des stratégies d'apprentissage : actif, questionner, s'investir dans son apprentissage
  • la persévérance

Temps que l'élève consacre à accomplir une activité pédagogique. Un étudiant persévérant :

    • n'abandonnera pas du 1er coup
    • consacre du temps à ses apprentissages

Un élève qui persévère et utilise de bonnes stratégies d'apprentissage pourra plus facilement réussir. La réussite, en retour, renforcera les trois perceptions, donc la motivation.

La motivation installe ainsi une boucle vertueuse en favorisant :

    • la curiosité, le goût pour l'exploration
    • la volonté de s'investir
    • l'envie d'apprendre et d'approfondir
    • l'envie d'interagir avec les autres pour avancer et progresser
    • la confiance en soi
    • l'estime de soi
    • l'autonomie dans l' apprentissage

Les 10 conditions pour rendre une activité pédagogique motivante pour les étudiants

Voir les 10 conditions.

Liens pour approfondir

» GLOSSAIRE